Partager l'article ! Eagles : Desperado (1973): "The Queen of Diamonds let you down She was just an empt ...
"The Queen of Diamonds let you down
She was just an empty fable"
Desperado (Reprise)
(Henley, Frey)
Après un excellent premier opus, accueilli avec enthousiasme tant par la critique que par le grand public, et qui généra trois 45 tours à succès (Take It Easy, Witchy Woman et Peaceful Easy Feeling), les Eagles décidèrent d'enregistrer un concept-album traitant de l'Ouest américain et de la saga des Dalton. L'originalité de Desperado réside ainsi dans l'analogie effectuée entre la vie des hors-la-loi et celle des stars du rock. A ce titre, la pochette se révèle particulièrement réussie.
Il se dégage de cette collection de chansons une saine authenticité. L'ambiance "western" dans laquelle est immédiatement plongé l'auditeur est pour beaucoup dans le charme de ce deuxième Aigles. Il a pourtant, tout comme son prédécesseur, été enregistré à Londres, en compagnie du producteur Glyn Johns, loin des paysages ensoleillés du Far West. Mais ce qui importe ici, c'est le feeling général. Après tout, aucun des membres de ce qui demeurera pour beaucoup le groupe californien archétypal n'est un Californien pur jus, Don Henley, Randy Meisner, Glenn Frey et Bernie Leadon étant respectivement originaires du Texas, du Nebraska, du Michigan et du Minnesota...
Comme c'est souvent le cas avec les Eagles, le disque contient un bon paquet de ballades autour desquelles gravitent quelques rocks plus enlevés.
Le court Twenty-One, composé et interprété par Bernie Leadon, face B du 45 tours Tequila Sunrise, relève de la seconde catégorie. Il s'agit du portrait à la première personne d'un outlaw de vingt-et-un ans :
"Twenty-one, and strong as I can be
I know what freedom means to me".
Autre morceau énergique, avec son intro carrément hard rock, le Out Of Control signé Henley / Frey / Nexon qui marque au fer rouge le milieu de la première face.
Et n'oublions pas ce brûlant et enlevé Outlaw Man, mené par une batterie puissante sur laquelle se détache la basse ronflante de Meisner, qui aura bizarrement l'honneur de constituer la face A du deuxième 45 tours tiré du disque, alors qu'il a été écrit par un compositeur extérieur, un certain David Blue, et que son potentiel commercial n'est pas des plus évidents.
"I am an outlaw
I was born an outlaw man"
Ce sont cependant une fois de plus les ballades qui constituent les moments les plus mémorables de l'album.
A commencer par ce Doolin-Dalton introducteur, qui conte la saga du célèbre gang, sous fond d'harmonica nostalgique:
"They were Doolin', Doolin'Dalton
High or low, it was the same
Easy money and faithless women".
On retrouve parmi les auteurs de ce qui constituera le titre phare du disque ( repris plusieurs fois, concept-album oblige, au milieu sous forme de court instrumental et à la fin avec des paroles différentes de la version initiale ) le prolifique Jackson Browne, déjà co-auteur de Take It Easy et dont le nom figurera aussi dans les crédits de James Dean (sur On The Border).
Autres moments plaisants, Saturday Night, un titre plus sentimental porté par une jolie mélodie, Bitter Creek, belle chanson intimiste de Bernie Leadon évoquant les meilleurs moments du Grateful Dead période American Beauty - on pense d'ailleurs à la sérénité dégagée par des morceaux comme Ripple.
Citons aussi le plus enlevé Certain Kind Of Fool, entonné par un Randy Meisner concerné, qui relate la carrière du hors-la-loi de son enfance à l'âge d'homme, face B du single Outlaw Man.
Mes deux compositions préférées demeurent sans conteste Tequila Sunrise, superbe ballade ensoleillée, chantée par Glenn Frey, guitare accoustique et mandoline en avant, et l'émouvant Desperado, interprété par Henley, Frey l'accompagnant au piano.
Tequila Sunrise, le premier extrait de l'album, sera un tube mineur (64 US), ce qui ne l'empêchera pas de figurer en bonne place sur le best-seller Their Greatest Hits (1971-1975). Plus étrange, Desperado, jamais sorti en 45 tours, aura aussi l'honneur de figurer sur cette compilation, chose dont nous ne nous plaindrons certes pas, vu sa qualité.
Et la reprise Doolin-Dalton / Desperado permet à l'oeuvre de s'achever de façon crépusculaire, façon tragédie grecque. Fin de l'aventure, fin de la cavale : "The sun sinking low down".
Même si cet album ne connaîtra initialement pas un énorme succès, ne parvenant pas à aller au-delà de la quarante-et-unième position du Billboard alors que le précédent s'était hissé jusqu'à la vingt-deuxième place, il n'en demeure pas moins l'un des meilleurs disques de country rock des années 70 et l'un des préférés des fans des Eagles.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires