Partager l'article ! Eagles : One Of These Nights (1975): "What can you do when your dreams come true ...
"What can you do when your dreams come true
And it's not quite like you planned ?"
After The Thrill Is Gone (Henley / Frey)
Le quatrième Eagles était attendu avec intérêt par un public toujours plus nombreux. Le groupe allait-il continuer dans la voie de l'évolution amorcée sur On The Border ou effectuer un retour à ses racines country ?
La présence pour la deuxième fois de Bill Szymczyk au poste de producteur semblait indiquer la volonté d'aller plus loin dans l'exploration de nouveaux territoires musicaux, déjà perceptible sur le disque précédent.
Les premières notes de One Of These Nights, premier morceau de ce nouvel opus, confirment nettement cette démarche caractérisée par la volonté de s'ouvrir à d'autres influences que celles des débuts. Avec sa basse moelleuse, ses couplets sussurés et son célèbre refrain en falsetto, One Of These Nights demeure la plus sensuelle des compositions des rapaces. Des influences rhythm'n' blues clairement assumées et même quelques subtils emprunts à cette musique disco qui commençait alors à cartonner permirent à cette petite merveille de se hisser jusqu'au sommet des classements américains, le 45 tours One Of These Nights devenant ainsi le deuxième numéro un du groupe.
Autre surprise du disque, l'instrumental Journey Of The Sorcerer, composé par Bernie Leadon, qui conclut la première face, morceau ample et envoûtant, enrichi par d'habiles arrangements de cordes, utilisé plus tard en tant que générique d'une émission de la BBC.
Deux morceaux dégagent une tonalité plus rock et ce ne sont pas les plus réussis. Too Many Hands, tempo moyen basé sur un riff léger mais relativement obsédant et des choeurs "soul", vaut surtout pour ses solos de guitare inspirés, saupoudrés de percussions orageuses.
Et Visions, seule chanson des Eagles interprétée par Don Felder, piètre chanteur, ne présente pas d'intérêt particulier. Il s'agit de l'une de ces obligatoires compositions de guitariste qui encombrent la face B de nombre d'albums parus dans les seventies. Certes, Felder se rattrape au moment du solo mais seul le professionnalisme de l'équipe sauve en définitive ce médiocre Visions.
Une fois de plus, ce sont les ballades qui constituent la substantifique moelle de l'oeuvre. Hollywood Waltz, touchante chanson due à la plume de Bernie (et Tom) Leadon, fonctionne remarquablement bien avec son atmosphère empreinte de tristesse et de gravité. La désenchantée After The Thrill Is Gone et Lyin' Eyes, admirable d'évidence et de simplicité, sont deux autres réussites signées Henley / Frey à qui l'on devait déjà le groovy morceau-titre. Mention spéciale à l'obsédant refrain de Lyin' Eyes : "You can't hide your lyin'eyes / And your smile is a thin disguise..."
Mais que serait l'album sans ce magnifique Take It To The Limit, superbement arrangé, gorgé d'émotion et chanté d'une voix plaintive par un Randy Meisner poignant ?
"So put me on the highway / And show me a sign / And take it to the limit one more time"
Dommage que le disque s'achève sur le piètre I Wish You Peace, ballade pâlote et sans intérêt, que l'on doit à Bernie Leadon, alors sur le point de quitter le groupe, et à sa copine Patti Davis, dont le principal titre de gloire (?) était d'être la fille de Ronald Reagan. Les autres membres du groupe, Henley en tête, firent tout pour s'opposer à l'inclusion de cette chansonnette mièvre qui gâche la fin de cet excellent One Of These Nights.
Premier album des Aigles à se classer numéro un aux Etats-Unis, ce quatrième effort allait ouvrir une voie royale au groupe, celle qui mène à ce satané hôtel que l'on ne peut pas quitter...
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